On les appelle espèces exotiques envahissantes ou "espèces invasives". Clandestines pour certaines, introduites délibérément pour d'autres. Elles ont des mœurs vagabondes et pullulent localement.

D’où viennent-elles?

Il peut s’agir d’espèces végétales ou animales. Dans le présent article, nous nous intéresserons spécifiquement aux végétaux mais, dans les deux cas, il s’agit d’espèces qui ont été introduites par l’homme en dehors de leur aire d’origine et qui constituent une menace pour la biodiversité et les services fournis par les écosystèmes (production végétale, épuration des eaux, pollinisation…). Elles peuvent aussi causer d’importantes nuisances soicio-économiques et occasionner de nouvelles nuisances pour la santé publique.

Comment sont-elles source de nuisances?

Nos espèces indigènes sont très vulnérables face au développement de ces espèces venues d’ailleurs, à l’encontre desquelles elles ne disposent souvent pas de moyens de défense efficaces. les espèces exotiques envahissantes sont généralement plus compétitives que les espèces indigènes; certaines sont, en outre, porteuses de nouveaux agents pathogènes qui peuvent s’avérer fatals pour les espèces avec lesquelles elles sont appelées à cohabiter dans leur aire d’introduction.
Les espèces invasives sont dotées à la fois d’une forte capacité de reproduction et d’une très bonne aptitude à la dispersion. Ces atouts leurs permettent d’accroître très rapidement leurs effectifs et de coloniser des surfaces importantes en un laps de temps réduit.

Focus sur quelques espèces

La berce du Caucase

La berce du Caucase se reconnaît à sa grande taille, à son système racinaire puissant, ses feuilles découpées et ses larges ombelles.

Danger: qui s’y frotte s’y brûle! Ne la touchez pas et méfiez-vous particulièrement lors de toute opération de gestion de cette plante: un équipement de protection est obligatoire. Elle contient en effet des substances chimiques dites « photo-sensibilisantes ». Au contact de la peau, et en combinaison avec les radiations UV de la lumière solaire, ces substances provoquent de sévères brûlures. Le contact initial avec la plante est indolore; les symptômes apparaissent après quelques heures.

Les renouées asiatiques

Les renouées asiatiques sont des plantes vivaces qui survivent à l’hiver par l’intermédiaire de bourgeons souterrains qui émaillent leurs puissants rhizomes.

La biodiversité menacée! Les renouées asiatiques poussent très rapidement et libèrent dans le sol des substances toxiques qui inhibent la croissance des autres espèces végétales. Les massifs denses qu’elles forment étouffent et éliminent les espèces indigènes. N’essayez pas de les faucher au risque de les répandre. En effet, un fragment de tige ou de rhizome suffit pour qu’un nouveau plant se développe par bouturage. Pour les mêmes raisons, ne les mettez jamais au compost.

Comment gérer les plantes invasives?

  • Traiter les plantes dès leur apparition
  • Prendre des précautions vestimentaires, y compris des lunettes de protection, pour éviter tout contact, notamment dans la cas de la berce du Caucase.
  • Ne pas se défaire dans la nature des déchets verts provenant de la gestion de plantes invasives. Cette pratique est rigoureusement interdite et conduit à l’apparition de nouveaux foyers d’invasion. Contacter votre intercommunale pour connaître les règles en vigueur dans votre recyparc.
  • Respecter scrupuleusement les bonnes pratiques de gestion spécifiques pour chaque plante invasive (voir le site de la Cellule interdépartementale sur les Espèces invasives (CiEi)) du service public de Wallonie.

En savoir plus?

Le présent article s’inspire largement du travail réalisé par la CiEi. Leur site vous permet d’accéder facilement à de l’information relative à la description des espèces invasives en Wallonie, aux dommages qu’elles occasionnent ainsi qu’aux actions de prévention et de régulation mises en place pour limiter les nuisances. Elles sont régulièrement mises à jour et des nouvelles sections seront ajoutées prochainement.