Actu - Je réutilise

Le réemploi, c’est tout moi!

Réemploi, réparation, seconde-main… Il existe de nombreuses alternatives au fait de jeter un objet, obsolète ou défectueux. Dans bien des cas, il faut juste oser. Essayer. Se lancer dans la réparation ou la customisation d'objets, n'est souvent qu'une question d'audace. Voici le retour d'expériences de membres des intercommunales qui peuvent vous inspirer.

Quel est le dernier objet auquel vous avez évité de devenir un déchet grâce au réemploi?

Pascaline LERUTH, Chargée de projets – COPIDEC
J’aime bien bricoler et j’ai récupéré de vieux disques vinyles, trouvés dans une boîte d’échange dans mon village. Je les ai utilisés pour fabriquer une horloge dont la structure est un vieux plateau de touret en bois, récupéré également.

 

Isabelle PALIN, Gestionnaire de projets prévention – BEP-Environnement
Nous avions une chaise de cuisine dont l’assise était cassée. Les pieds en bois étaient intacts. Nous les avons donc récupérés et avons acheté un ancien plateau, lors de la brocante de notre village. Nous avons maintenant une petite table de salon installée avec des fauteuils de récupération. C’est notre petit coin salon mode « récup’ ».

Dorothée LUCZAK, Gestionnaire du Jardin Ressources – INTRADEL
Dernièrement, j’ai trouvé une bassine en zinc en forme de trapèze. Cela m’a donné envie de la transformer en un objet multi fonctionnel utile et esthétique à la fois. J’ai récupéré une vieille table basse trouvée à la Ressourcerie du Pays de Liège. J’ai découpé les pieds pour en faire des bougeoirs. J’ai ensuite poncé la tablette afin de lui redonner un aspect proche de la couleur naturelle du bois. J’ai posé la tablette sur la bassine et ajouté une clé de serrage en guise de poignée. L’objet sert tout à la fois de table décorative mobile au jardin mais aussi de coffre à outils pour ranger sécateur, cisaille, plantoir, binette, serfouette, etc.

En matière de réemploi, quel est votre verbe de prédilection : réparer, réutiliser, donner ou échanger? Pourquoi?

Sylvaine PLANCQ, Secrétaire de Direction – Ipalle
Je tente toujours de réparer quand c’est possible. Pour ce qui est question de réutiliser, donner et échanger, ce sont des actions que j’applique quotidiennement et en particulier concernant les vêtements et les livres. Les enfants grandissent vite, leurs vêtements deviennent vite trop petits. Je les achète déjà en grande partie en seconde main (copines, vide-dressing, plateforme de revente) et une fois que je n’en ai plus l’utilité, je les revends, les donne à ma voisine, etc.

Isabelle PALIN, Gestionnaire de projets prévention – BEP-Environnement
Très difficile de choisir le bon verbe, cela dépend vraiment des objets. Nous réparons tout ce qui est électroménager, nous récupérons des matériaux ou objets pour en faire plutôt des objets de décoration (meuble, lampe, table…) et nous donnons tout ce qui est vêtements, légumes, objets dont nous n’avons plus d’utilité.

Virginie SEMAL, Responsable call center et centre de tri – inBW
Donner car faire plaisir gratuitement et à autrui fait partie de ma vision des choses.

Votre plus belle réussite en matière de réparation?

Dorothée LUCZAK, Gestionnaire du Jardin Ressources – INTRADEL
Deux événements distincts m’ont inspiré: un trou formé par un éclat de braise sur une veste à laquelle je tenais beaucoup et la perte d’un gant laissant l’autre orphelin. Ne voulant pas jeter les jeter, j’ai demandé à mon amie de coudre le gant sur la veste comme s’il s’agissait d’une poche. Le résultat est original et réussi.

Pascaline LERUTH, Chargée de projets – COPIDEC
Mon robot tondeuse. J’ai eu des soucis avec la station de charge. Comme le robot et sa station étaient toujours sous garantie, on a fait appel au SAV, mais cela ne fut pas super concluant, le problème persistait et le réparateur maintenait mordicus avoir fait ce qu’il fallait… J’ai commencé à « enquêter » moi-même sur l’origine du problème, à grand renfort de recherches internet et tests divers. J’ai fini par l’identifier et j’ai communiquer mes conclusions au réparateur qui a validé mon diagnostic! D’accord, je ne l’ai pas réparé moi-même, mais j’ai eu une certaine satisfaction à lui faire admettre son erreur et la prise en charge du remplacement de la bonne pièce.

Isabelle PALIN, Gestionnaire à prévention – BEP-Environnement
C’est mon mari le champion de la réparation. Il démonte et cherche l’origine de la panne de tout objet qui ne fonctionne plus. Et dans 95% des cas, il trouve! Ce sont les objets tels que le grille-pain, la machine à laver, le lave-vaisselle, la débroussailleuse, mais aussi les luminaires, un ancien projecteur, une machine à café, l’aspirateur…

Quels sont les objets que vous achetez le plus souvent en seconde main?

Isabelle PALIN, Gestionnaire à prévention – BEP-Environnement
Nous avons la chance d’avoir, dans notre commune, un commerce d’électroménagers qui vend du nouveau mais également du seconde-main. Le commerçant récupère divers matériels défectueux, utilise les pièces pour remettre en état et revendre à un moindre coût. Le service après-vente est nickel et donc nous pouvons lui faire confiance lorsque nous avons besoin d’un électroménager.

Dorothée LUCZAK, Gestionnaire du Jardin Ressources – INTRADEL
Les meubles que je transforme ensuite selon leur usage à venir. Cela me permet de tester des techniques différentes pour les restaurer. Pour les transformer, j’aime les imaginer avec des créations graphiques, des compositions colorées ou encore des alliages avec des matériaux variés.

Pascaline LERUTH, Chargée de projets – COPIDEC
Les vêtements, les BD et les livres. Pour les BD et les livres, nous sommes de grands consommateurs et nous en revendons/donnons autant que nous en achetons/recevons.

Pourquoi opter pour le réemploi?

Virginie SEMAL, Responsable call center et centre de tri – inBW
Car c’est une façon d’optimiser des objets à moindre coût et d’éviter de jeter des matières utiles.

Sylvaine PLANCQ, Secrétaire de Direction – Ipalle
Parce que c’est bon pour notre planète et notre portefeuille!

Dorothée LUCZAK, Gestionnaire du Jardin Ressources – INTRADEL
Le réemploi permet de freiner la surconsommation et ses dérives. Sa pratique contribue à nous interroger sur les ressources limitées de la terre et à proposer des solutions créatives et économiquement rentables. Il participe au concept de résilience vers lequel les humains devraient tendre. En permaculture, il existe un adage qui me plaît: « Un élément remplit plusieurs fonctions, une fonction est assurée par plusieurs éléments ». Appliqué au réemploi, c’est très riche!

Pascaline LERUTH, Chargée de projets – COPIDEC
Parce qu’il me semble aberrant d’acheter en neuf alors que beaucoup d’objets sont disponibles facilement en bon état et à des prix bas via les circuits de seconde main, le tout avec un impact environnemental moindre. Le réemploi permet aussi des échanges avec un côté convivial. Je pense notamment aux boîtes d’échanges qui existent dans mon village, avec différents « look » qui apportent un peu de fun. La tournée des boîtes devient aussi un itinéraire de promenade pour déposer ou prendre des objets.