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Zéro déchet: retours d’expériences – Partie 1

C'est quoi, au fait, le "Zéro déchet"? S'y mettre est une véritable expérience qui vaut la peine d'être partagée. Les spécialistes des intercommunales de gestion des déchets nous racontent leurs aventures, bonnes et moins bonnes, dans cette démarche ZD.

Du vécu

Elles sont huit. Huit expertes de la démarche zéro déchet. Elles sont pour la grande majorité membres des intercommunales de gestion des déchets qui participent à ce projet du MAGDé.

Pour nous, elles nous donnent leur définition du Zéro Déchet, mais aussi leur « Top » et « Flop » en matière d’expériences. Voici les quatre premiers témoignages.

Matild STIPANOV
IPALLE

Le ZD pour moi, c’est une multitude de gestes simples que l’on adopte et adapte selon son mode de vie et ses besoins. Chacun son rythme, ses actions, son timing, ses réussites et ses écueils… pourvu que cela nous convienne et nous permette ainsi de réduire notre impact environnemental.


Mon « Top »:
les couches lavables. En moyenne, un enfant va générer 1 tonne de couches jetables avant d’être propre. Sans compter que les matières qui les composent sont généralement nocives pour l’environnement et la santé. Les couches lavables nouvelle génération sont aussi pratiques que les couches jetables, et des packs peuvent être loués afin d’effectuer des tests et voir si cela vous convient. N’hésitez pas à vous renseigner et à tenter l’expérience, vous ne le regretterez pas!
Mon « Flop »: le pesto de fanes de carottes. La cuisine, c’est mon dada! Mais même avec beaucoup de créativité, je n’ai jamais réussi à sublimer ces restes de légumes. Qu’à cela ne tienne, je me console en terminant les biscuits à base de chapelure de brioches et de pains rassis de la semaine… un délice!

Anne COPIN
Hygea

Pour moi le ZD c’est économique et ludique. On peut rapidement faire des économies lorsqu’on pose certains gestes ZD. En y alliant la créativité, les DIY… Trouver des alternatives, c’est passionnant et très satisfaisant. Ce n’est pas juste une tendance ou quelque chose de réservé aux bobos! C’est accessible à tout le monde, chacun à son niveau peut poser un geste ZD: boire de l’eau du robinet, remplacer l’aluminium par une boîte à tartine en inox…Même si ce sont de petits gestes mis bout à bout, ils doivent s’inscrire dans le temps et les bénéficiaires doivent en retirer une satisfaction personnelle en plus de celle de porter un geste en faveur de l’environnement.


Mon « Top »:
les cotons réutilisables. C’est un des premiers gestes ZD que j’ai mis en place. Ils sont faciles à trouver et sont lavables en machine, en même temps que les vêtements. Je vous conseille quand même de les mettre dans un filet, sinon ils peuvent disparaître. Un peu comme les chaussettes. Toute la famille les utilise. Maman pour se démaquiller, bébé pour se débarbouiller… Leur consommation est relativement importante, plusieurs fois dans la journée. Nid d’abeille, coton bio, molleton, bambou… choisissez une matière adaptée à la typologie de votre peau. Du coup, ce geste ZD fait du bien à notre poubelle! Sans oublier que l’on peut les confectionner soi-même, avec des chutes de tissu, c’est super gratifiant!
Mon « Flop »: le tawashi. J’ai vite abandonné le tawashi (home-made) qui ne lave pas aussi bien qu’une éponge classique car il n’a pas de face qui gratte. Il reste toujours un peu humide et sent mauvais. Je ne pense pas que ce soit idéal de laver la vaisselle dans ces conditions. Par contre, je me sers d’éponges réutilisables, que je mets ensuite au lave-vaisselle.

Pascaline LERUTH
COPIDEC

Le ZD pour moi c’est une très bonne façon de « reprendre le pouvoir », plutôt que de se laisser happer par les sirènes de la surconsommation, à grand coup de pubs et de manipulations destinées à provoquer l’achat compulsif.

 

Mon « Top »: je fais une série de produits d’entretien maison, c’est simple, efficace et économique. Avec le temps, j’ai même du mal aujourd’hui à supporter l’odeur de certains produits ménagers industriels tellement ils me semblent artificiels.
Mon « Flop »: le « no poo »! J’ai voulu tenter l’expérience de ne plus utiliser du tout de shampoing, en testant l’espacement des shampoings et en utilisant de la fécule de maïs en shampoing sec. Entre les racines grasses et les pointes version « botte de paille », j’ai vite renoncé! Trop vite peut-être, mais je ne suis pas parvenue à assumer « la chose » socialement vu la tête que j’avais… Je suis donc revenue au shampoing. Solide bien sûr!

Pierrine MESSENS
Tibi

Le ZD pour moi, c’est repenser les gestes quotidiens producteurs de déchets en famille, en toute simplicité, et se donner le droit de se tromper pour mieux recommencer. Et, ne pas oublier de partager ses réussites et ses erreurs avec le plus grand nombre. Ensemble, nous vaincrons les déchets!

Mon « Top »: lors du lancement du ZD, j’avais envie de relever un nouveau défi à la maison, éliminer les essuie-tout, présents dans la cuisine sans vraiment comprendre pourquoi. Après fabrication d’essuie-tout en tissu et une réflexion à chaque utilisation, nous avons diminué leur consommation même pour ceux en tissu… Je confesse qu’il nous reste un usage pour l’essuie-tout papier: essuyer les frites! Cela représente 1 carré par mois qui va au compost, mais je cherche encore la bonne astuce.
Mon « Flop »: le batch cooking. Pas facile d’établir des menus pour 15 jours, nous faisons nos courses non périssables une fois par mois et le frais tous les 15 jours. Prévoir un planning de repas et s’y tenir… un vrai défi pour des gourmands instinctifs. Nous n’avons pas dit notre dernier mot.

Encore plus de retours d’expériences? C’est par ici!