Dossier - 05 décembre 2021

La réparation a de l’avenir!

Sommaire

Produire – consommer- jeter, produire-consommer-jeter… une chanson bien connue de nos modes de consommation modernes à laquelle s’ajoute le fameux refrain « réparer? ça ne vaut pas le coup, mieux vaut racheter un nouveau ». Sauf que les fausses notes s’accumulent, entre épuisement des ressources, émissions de CO2 et des montagnes de déchets à traiter, la symphonie de la croissance infinie sonne sérieusement faux.

Réemploi et réparation

Le terme réemploi ou réutilisation recouvre toutes les possibilités de prolonger la durée de vie d’un objet pour qu’il ne devienne pas un déchet.
Réparer, donner, vendre, détourner, chiner, troquer… pour consommer moins et mieux. La créativité, les économies et l’allègement de vos poubelles sont en bonus ! On s’y met ?

Les 5 R de la démarche Zéro Déchet, vous vous rappelez? Dans ce dossier, nous nous intéresserons plus spécifiquement au « r » de la réutilisation en générale et à la réparation en particulier.

Obsolescence programmée

L’obsolescence programmée c’est l’ensemble des stratégies des fabricants pour limiter la durée de vie de leurs produits et pousser à ce qu’on les remplace plus rapidement. On distingue trois types principaux d’obsolescence :

  • Obsolescence technique : « désolé Madame, ce modèle n’existe plus, ce n’est pas possible de le réparer », une phrase toute simple qui vous amènera vite sur le chemin d’un achat neuf. Ce phénomène courant rend toute une série d’objets obsolètes, faute de pièces de rechange disponible ou d’impossibilité pure et simple de réparation (pièces soudées, matériaux de piètre qualité…)
  • Obsolescence esthétique : « t’as vu ce petit haut, il est trop top ! » « t’en as pas déjà une bonne dizaine dans le même style ? » « oui mais regarde, celui-là, il est pile dans la tendance » Bien connu des fashionistas, l’effet de mode est une redoutable machine à jeter, et cela ne concerne pas que la mode : le dernier smartphone « trop classe », le nouvel autocuiseur révolutionnaire, la vingtième crème miracle pour rajeunir,…les exemples sont légion.
  • Obsolescence logicielle : « t’as installé la dernière version de ce jeu ? Il est mortel » « Ben non, ma console est pas compatible… » Le secteur high tech est particulièrement marqué par ce genre d’évolutions, toujours plus rapides, qui relèguent au rang d’objet de musée les consoles de jeux, ordinateur, smartphone et autres objets devenus indispensables.

Beaucoup d’industriels décrient la notion d’obsolescence programmée dans le sens où il serait contreproductif pour eux de faire intentionnellement des objets de mauvaise qualité. Cependant, au-delà de la question de l’intention des industriels, l’obsolescence programmée n’en est pas moins une réalité qui ne date pas d’hier puisque ce terme apparaît en 1932 en tant que stratégie de lutte contre la dépression en Amérique. En savoir plus.

Quote

Celui qui croit à une croissance exponentielle infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste - Kenneth E. Boulding

Participant directement au modèle de la croissance infinie, l’obsolescence programmée est donc bien plus un élément clé de notre système de (sur)consommation, que le résultat des mauvaises intentions de quelques grands groupes industriels.

Le droit à la réparation

En Europe

Sous l’impulsion de différents groupements et représentants du secteur de la réparation, tel que « Rigth to repair » dont fait partie l’association belge Repair Together , le Parlement Européen a adopté une résolution en faveur du droit à la réparation. Cette résolution envisage différentes mesures telles que :

  • Un étiquetage obligatoire permettant aux consommateurs d’être mieux informés sur la durée de vie et la réparabilité des objets. La France a pris une longueur d’avance sur ce point en instaurant un « indice de réparabilité » obligatoire depuis le 1er janvier 2021.
  • Adapter la garantie à la durée de vie : actuellement, la garantie légale est de deux ans pour tous les produits de consommation courante. A l’avenir, cette durée serait adaptée en fonction de l’objet et un gros électro-ménager, par exemple, pourrait voir sa durée de garantie revue à la hausse.
  • Etablir un doit à la réparation : en veillant notamment à la disponibilité des pièces de rechange, accessibles à tous à un prix raisonnable afin de rendre la réparation économiquement tenable et attrayante.

D’autres mesures telles que des interdictions de destruction des invendus ou encore le transfert automatique des garanties lors de revente en seconde main, sont également à l’ordre du jour. En savoir plus.

Et en Wallonie?

Si la mesure n’est pas encore d’application chez nous, l’indice de réparabilité français constitue une bonne source d’inspiration vu que de nombreux produits vendus en France se retrouve aussi chez nous. N’hésitez donc pas à vous renseigner sur leur site avant d’acheter.

Le site ifixit.com s’applique de longue date à informer les consommateurs sur la réparabilité de différents produits et propose, en prime, une multitude de tutos pour réparer soi-même.

A la recherche d’un coup de main pour réparer vos objets? Avec 171 Repair Cafés en Wallonie et à Bruxelles, il y en a un probablement un près de chez vous. Pour le trouver, rendez-vous sur le site de Repair Together.
Repair Together, l’association qui représente le réseau des Repair Cafés, vous propose aussi des services en ligne via Repair Café Visio et Repair Connects.

La Wallonie travaille également à la mise en place d’un observatoire de la réparation, afin de mieux appréhender le secteur sur son territoire et orienter les politiques à mettre en place au regard des obligations européennes. Explications en vidéo :

Les Entreprises d’Economie Sociale (EES)

Beaucoup d’EES sont particulièrement actives dans la réutilisation et le réemploi. La fédération Ressources regroupe ces acteurs et vous propose de trouver votre « Plan Récup » sur le site, qu’il s’agisse d’acheter, donner ou réparer des objets. Ces entreprises œuvrent sur un triple pilier :

  • Economique : ce sont des entreprises à part entière, créatrices de valeur dans des activités ayant trait à la récupération, revalorisation et réparation.
  • Social : par la création d’emplois, notamment pour des personnes qui se sont éloignées du marché de l’emploi et par la mise à disposition pour public à faible pouvoir d’achat de biens de consommation de qualité.
  • Environnemental : en évitant que des objets réutilisables ou réparables ne finissent en déchets.

Exemple pratique : vous connaissez SOFIE ? On vous la présente en vidéo:

Les Intercommunales et le réemploi

Plusieurs Intercommunales de gestion des déchets collaborent avec des entreprises d’économie sociale pour favoriser le réemploi, à travers des systèmes de collecte à domicile à la demande ou la présence de conteneurs spécifiques à la réutilisation dans certains recyparcs. Pour en savoir plus, téléchargez notre toute nouvelle brochure « le réemploi, mon 1er choix« .

Les recyparcs dans leur ensemble sont aussi mobilisés à travers des actions de collectes thématiques (article à actualiser) récurrentes de jouets, vélos et livres, qui permettent de récupérer des objets en bon état pour en faire bénéficier des repreneurs issus du tissu associatif local.

Pssst, à vos agendas: la prochaine collecte des jouets, ce sera le samedi 16 octobre dans tous les Recyparcs.

Le tour de Wallonie du Repair Café Mobile

Les confinements ne nous ont pas découragés et, du 26 avril au 9 octobre, les 7 intercommunales wallonnes de gestion des déchets, réunies en COPIDEC, s’associent à Repair Together pour accueillir le Repair Café Mobile sur leur territoire et vous permettre de réparer ensemble vos objets cassés. Il reste quelques dates, rejoignez-nous, c’est l’occasion de faire un pas vers le Zéro Déchet !

Recyparcs, places publiques, marchés locaux, écoles… découvrez les lieux et dates de la tournée  et rejoignez-nous en tant que visiteur ou réparateur(trice) bénévole pour partager un moment convivial en notre compagnie, obtenir un conseil ou réparer ensemble vos petits objets du quotidien.

Le Repair Café Mobile est un atelier de réparation d’objets, collaboratif et itinérant. C’est la version mobile des Repair Cafés qui se déplace en Wallonie et à Bruxelles. Sa mission : vous faire vivre l’expérience de la co-réparation.

Au quotidien

Réparer soi-même

Les magasins de bricolage, les magazines ou livres spécialisés, le web et blogs sur le thème du bricolage constituent une mine d’informations pour qui souhaite se lancer dans la réparation.

Pour ne citer qu’eux, les sites Spareka et ifixit.com vous donneront déjà une très bonne base de départ. En savoir plus (lien vers article réparer vs jeter)

Faites-vous aider

N’hésitez pas à demander de l’aide à votre entourage, il s’y cache peut-être un génie du bricolage ! Vous pouvez aussi vous rendre dans un Repair Café, surfer sur Repair Connect.

Rendez-vous chez un professionnel

Si vous avez deux mains gauches, ou si le problème dépasse votre niveau de compétences techniques, faites appel à des pros, en commençant par le service après-vente de votre revendeur. , L’intervention sera gratuite si vous êtes encore dans le délai de garantie légale de deux ans.

Vous pouvez aussi trouver des réparateurs issus du secteur de l’économie sociale via le « Plan Récup ».

Des achats réfléchis

Lorsqu’un achat s’impose, commençons par un petit BISOU.

Ensuite, si vous avez besoin d’un objet spécifique pour un usage exceptionnel, mieux vaut louer que d’encombrer inutilement vos placards.

La location et le prêt sont des alternatives judicieuses pour votre portefeuille et pour l’environnement ! Pour quelques euros à peine, voire gratuitement, vous pouvez profiter d’objets fonctionnels et bien souvent dernier cri.

Les achats groupés peuvent aussi contribuer à limiter les achats neufs. Petit échafaudage, ponceuse, appareil à fondue, machine à coudre, remorque, tonnelle… Pourquoi ne pas mutualiser ce type de biens entre voisins ou entre amis? Cela permet également d’acheter du matériel parfois un peu plus cher, mais durable et de qualité !

Les boutiques de seconde main conjuguent souvent qualité et tarifs réduits ! Vêtements, mobilier, articles de loisirs, électroménager, matériel informatique… L’offre en seconde main est de plus en plus vaste.

Si vous achetez du matériel neuf, considérez la durée d’utilisation de celui-ci. Un prix bas n’est pas toujours synonyme d’une bonne affaire. Veillez à la qualité des objets que vous achetez.

Même s’ils sont un peu plus chers au départ, ils dureront plus longtemps et seront donc plus économiques à long terme.

Pour acheter durable dans le temps :

  • Bannissez les « gadgets » attrayants, mais bien souvent peu résistants.
  • Privilégiez les matières et matériaux durables, solides, réparables et recyclables en fin de vie.
  • Vérifiez l’étendue de la garantie offerte et la disponibilité des pièces de rechange, via l’écolabel (www.ecolabel.be) ou l’indice de réparabilité français. Et n’oubliez : vous avez une garantie légale obligatoire durant 2 ans.
  • Renseignez-vous avant d’acheter et consultez les sites de recommandations qui testent une multitude de produits sous tous les angles : consommation, tarif… Comme ifixit.com, par exemple.
  • Veillez au bon entretien de vos objets pour les faire durer. Tout comme votre voiture, votre ordinateur, votre smartphone, vos vêtements, votre tondeuse… méritent aussi d’être bichonnés (mettre les liens vers les articles « had hoc »)

Vos objets et vous : une histoire qui dure

En conclusion, pourquoi ne pas s’entourer de quelques objets bien choisis, à bichonner, réutiliser, réparer… plutôt que d’une montagne de « brols » qui ne feront, au final, que nous encombrer tout en vidant notre portefeuille et en altérant notre environnement ? Et cela n’empêche pas le plaisir, au contraire, ça développe la créativité. Foi de Magdé, jeter, c’est démodé ! Notre équipe se mouille aussi et partage avec vous son expérience de la réparation et du réemploi. Découvrez leurs témoignages (lien à faire lorsque l’article sera dispo)

 

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